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Sarajevo, au coeur des Alpes dinariques et des Balkans se situe à la rencontre entre Orient et Occident. La ville se développe le long de la rivière Miljaka de manière linéaire au fil des époques. Sarajevo connaîtra d’abord la période Ottomane, puis Austro-Hongroise, Titiste et enfin contemporaine. Cette ville riche par son histoire et sa géographie est encore marquée par les stigmates de la guerre, aujourd’hui elle se reconstruit et souhaite profiter de sa situation stratégique, au centre de l’Europe.

Cependant, Sarajevo, souffre d’un manque important de logement. Les logements abordables à Sarajevo, ceux de l’air titiste ont beaucoup vieilli et la carence en logement est un facteur aggravant de départ pour une part importante de la jeune génération. Par ailleurs les quelques logements qui se construisent ont tendance à être éloignés du centre-ville. Cette politique de construction en périphérie conduit à un étalement urbain inexorable; là ou une multitude d’interstices restent à construire plus en amont de la ville.

Le quartier Marjin Dvor en est un exemple, il marque le passage entre la ville historique et moderniste. Un quartier qui se caractérise comme le cœur économique actuel de la ville, en témoigne la construction récente de deux imposants shoppings mall. Pourtant de nombreuses parcelles peuvent être encore qualifiées, et accueillir des programmes plus en phase avec les besoins de la population. C’est sur un de ces endroits délaissés, le site de Hastahana (ancien hôpital militaire) que le projet prend place.

Par ailleurs, la présence de mahales est une des spécificités de l’urbanisme à Sarajevo. Ces petites entités urbaines sont caractéristiques de l’urbanisme Ottoman, et se constituent avec comme point d’accroche la mosquée. Des éléments structurants (équipements de loisirs, commerces, cafés) viennent ensuite compléter l’espace au milieu des habitations. Il règne dans ces quartiers à la rencontre entre sphère privée et publique un lien social et une forte solidarité.
Ce modèle semble important à prendre en considération tant il est porteur en matière d’identification sociale et spatiale.

La figure du caravansérail que l’on retrouve en particulier dans le centre historique de la Basacarsija, et une forme architecturale bien présente dans la ville. Elle est intéressante tant d’un point de vue culturel que pratique. En effet traditionnellement les fonctions de commerce, rencontre, d’échange en rez-de-chaussée se mêlent à celui de dortoir pour les voyageurs à l’étage.

À partir de ces considérations, le projet propose la création de 70 logements et d’une maison de quartier. L’enjeu étant de recréer du lien entre différents tissus urbains qui compose le site, mais aussi de recréer du lien social, avec les mahales comme point d’ancrage historique et spatial. La maison de quartier, offre un lieu de rassemblement ouvert et laïque en lien direct avec un espace public requalifié. Ce réseau public vient faire dialoguer les différentes typologies de bâtiments, à la fois au rez-de-chaussée et dans les étages. À la manière du caravansérail, la circulation se fait de façon périphérique autour de cours intérieures. Au fil des dilatations, des espaces appropriables prolongent l’espace privatif, Les circulations extérieures aux accès multipliés deviennent dès lors de véritables lieux de rencontre animés. De cette interaction entre différentes typologies et espaces mutualisés, résulte un modèle hybride à même de résoudre l’implantation de cet ensemble de bâtiments dans un tissu urbain complexe et fragmenté.