Ce projet est d’abord une réflexion sur un des enjeux sociétaux actuels et futurs : Ici l’attention s’est alors portée autour du tourisme avec le constat assez alarmant que de plus en plus de gens voyagent et de plus en plus vite et loin.

Les vols se multiplient, les destinations se saturent, les sites se détruisent et se démodent. Le voyage a perdu de sa richesse et est devenu pour beaucoup qu’une simple ligne de plus à son CV social dicté par un fétichisme de l’idéal.

On ne prend plus le temps de choisir, on part, là on l’on nous mène. La course folle contre le temps est maitresse du monde, nous n’avons plus le temps de séjourner et plus le temps de s’y rendre pourtant nous voyageons.

Le voyage peut néanmoins être plus profond, mais aussi plus simple et plus personnel. Les notions de temps et de distances évincées, le voyage commence. Il n’est pas accessible et peut faire peur, il oblige à quitter un confort pour accéder à un troublant déséquilibre. Il vous retire tout, pour vous ramener à l’essentiel, l’air, les rêves, la mer et le ciel.

Il invoque l’éternité, celle qui est partout mais qu’on oublie à travers ses habitudes.

Enfin, le voyage naît par l’extraction d’un lieu, réel ou imaginaire, pour un autre. Il peut être court et intense comme long et lointain. Le voyage n’est plus lorsque l’on n’a plus rien à découvrir. Alors le projet veut inventer un écotourisme plus passif et plus responsable. L’idée d’un tourisme alternatif de proximité accessible au plus grand nombre.

La rive droite de l’estuaire de la Gironde entre Blaye et Royan est un véritable joyau de nature conservée et très hétérogène mais surtout proche géographiquement de Bordeaux mais lointaine dans l’imaginaire et le dépaysement.

Sur ces 60km de rive s’implantent alors 5 projets aux échelles variables.

Ces interventions s’apparentant à de simples refuges, offrent pourtant la possibilité de contempler le luxe immatériel de la nature. Frugaux ces refuges permettent un possible voyage de l’être, le voyage d’ici.

«Aujourd’hui au loin j’aperçois, adossée à une vieille amie, une muraille fraternelle.

Ici, Sommeille le monstre de calcaire, reposent les vestiges d’anciens combats avec la mer et nait la lumière blanche.

Une fine lame s’adosse à la falaise, obstacle creusé par le temps. Posant un bras sur celle-ci l’autre se posant au sol.

Elle se découvre et se montre être monumentale. Perdu dans la brume froide d’un matin d’hiver. Une passerelle s’élève au-dessus du vide menant à un simple promontoire. La vue y est imprenable. La haut, je remarque une longue rampe plongeant dans l’antre de la muraille. Je décide de m’y engager et descend. Le long de ma descente. La falaise irrégulière vient parfois me défier se rapprochant à quelques centimètres et parfois fuyant ma présence. Arrivé en bas ,les espaces communs se tournent vers la falaise grâce à ces murs en béton qui viennent enfin la toucher.

L’ambiance est chaleureuse. J’entends le rire des gens autour d’une table. Pourtant mon attention ne quitte plus ce monument de calcaire devenue docile. Je dormirais ici auprès de ma nouvelle amie.»

credits

architect: Atelier 3E2R  |  team: Baufils Gautier  |  client: Unknown  |  status: Competition (2019)  |  clasification: honour mention  |  location: Chenac-Saint-Seurin-d'Uzet, France (45.5172, -0.826175)  |  climate: Oceanic / maritime, Temperate  |  material: concrete  |  environment: countryside  |  visualizer: Studio  |  scale: 200 m2 small  |  types: intervention, landscape  |  views: 1.242