• Bruxelles Centre 58

  • 1149-ECD-BRU.BE-2015
  • by ecdm

Les ruptures d’échelles sont nombreuses dans l’hyper centre de Bruxelles. Des méga-buildings, héritage de la modernité viennent superposer une lecture de la ville en rupture avec la trame viaire de la ville historique. Par-delà la taille et la forme de ces interventions, c’est avant tout leur programmation et leur mono-fonctionnalité massives qui sont en décalage avec la complexité de la ville.

C’est le cas pour notre parking 58, dont l’hypertrophie stérilise l’environnement, et contredit la richesse et la complexité que l’on attend de la centralité.

Nous sommes donc en présence d’un monolithe qui sature et écrase son environnement. Sa masse et sa programmation prennent peu en compte les spécificités urbaines. Cette indifférence est donnée à voir dans la gestion de son rapport au sol, mais aussi au niveau de la ligne de faîtage, ou encore dans le simplisme de ces façades en décalage avec la longueur du bâtiment.

Parc 58 – Un paysage en soi

Notre projet est la transformation d’une infrastructure, d’un espace lié au stockage d’automobiles en un paysage habité, un parc, un élément Bruxellois où le végétal sera présent, affirmé dans une volonté de partager avec la ville un espace vert, une composition porteuse des valeurs d’imbrication de notre époque.

 « Dans chaque bloc de marbre, il y a une figure qui sommeille » Rodin

Notre projet consiste en la transformation d’un parallélépipède massif en un fragment de paysage qui propose une topographie mêlant vides et pleins dans une gestion progressive de la hauteur. La masse est découpée, sculptée, pour s’ouvrir à mesure que le bâtiment s’affine en hauteur. De vastes terrasses en rizières sont dégagées en gradinages successifs, libérant de larges terrasses et balcons non seulement plantés mais également arborés. Ce travail d’élancement par allègement progressif ouvre le profil des voies qui ceinturent notre ouvrage, laissant ainsi passer plus de lumière et d’ensoleillement au bénéfice à la fois du bâtiment et des constructions alentour pour donner tant à l’échelle du piéton que du skyline de la ville une perception moins rectiligne de notre environnement.

Une nouvelle perception du bâtiment et du quartier s’affirme dans le ciel de la ville cadrant de nouvelles vues et perspectives sur le quartier et le grand paysage.

Notre travail est avant tout une proposition sur la fragmentation en rupture avec le monolithisme existant. Fragmentation volumétrique, fragmentation programmatique où la mixité d’usages et leurs  expressions  seront données à voir comme une complexité architecturale à même de participer à l’enrichissement du contexte urbain.

De cette masse froide nous déduisons, nous sculptons trois collines, trois émergences irrégulières support de plantations en paliers.

Minéral et végétal sont deux éléments d’une même figure.  Une hypothèse de départ était de générer une densité en adéquation avec le dynamisme de ce centre urbain métropolitain, une autre de corriger un déficit d’espaces verts, de végétal. Evoquer la présence de la nature au centre de Bruxelles, convoquer un paysage habitable, réaliser des corridors verts pour des plantes et des volatiles, produire un éden luxuriant où la nature et l’architecture se conjuguent. Démultiplier des idées simples, déjà existantes comme l’ascension et les usages que l’on peut en faire dans une attitude symbiotique avec notre environnement.

La programmation et le rapport à l’espace public qu’elle instaure est envisagée sous forme de strates horizontales. Il y a d’abord le rez-de-chaussée et ce rapport direct à la rue, puis une gradation progressive en adéquation avec les vis-à-vis.

Rue de la Vierge Noire sur tout le linéaire du bâtiment, au sud rue du Marché aux poulets, nous mettons en œuvre un long linéaire vitré sur une hauteur de 6.50 m, occultable. Il s’agit d’avoir la limite la plus ténue possible entre intérieur et extérieur et de mettre le bâtiment en lévitation, suspendu au-dessus d’une vaste salle d’un seul tenant proposant.

Les quatre premiers étages sont dévolus au parking dans la version de base. Dans une gestion rationnelle des surfaces, nous proposons de mettre le stationnement dans les niveaux bas pour libérer les surfaces plus qualitatives et les attribuer en totalité à des espaces habités, tous traités en villas superposées. Cette stratification résolument urbaine des programmes assure une qualification optimale des surfaces et des usages et permet une grande facilité de phasage.

Ce parti pris de valorisation nous semble ainsi apporterune solution globale aux enjeux de l’ensemble de la parcelle.

Au droit de la facade, les quatre niveaux de stationnement sont complètement libérés de tout élément architectonique afin d’assurer une bonne ventilation et un bon éclairage naturels. Ils sont traités telle une strate végétale.Un système de plantations en rives permet de les traiter tel un filtre végétal qui habille l’ensemble du volume du parking. Phagocytée par cet  écrin végétal, l’infrastructure offfre dorenavant au voisinage, aux vis-à-vis directs, un parc vertical, une bio-diversité, de l’intimité, et de la privacité.

La nature du paysage végétal est évolutive, elle prend en compte le rapport au sol et gère la hauteur dans ses spécificités.

Au niveau du sol, nous proposons de regrouper l’ensemble des accès, de les concentrer rue des Halles. Prenant en compte les vis-à-vis, l’animation de la rue et le gabarit du batiment, nous proposons d’affirmer le caractère résidentiel de cette rue. En son centre, dans l’axe de la rue Grétry, nous ménageons une large percée visuelle et un passage ouvert au public.

Au quatrième étage, les bureaux

Une surface d’un seul tenant; tous les services sont sur le même plan; la mise en relation des éléments programmatiques est aisée. D’un coté des bureaux cloisonnables, au centre les services et la technique, et sur l’autre façade, un open space, long traveling sur l’ouest bruxellois. En périphérie une large terrasse de 2.50 m de large avec une ceinture végétale. Les terrasses sont le prolongement d’espaces de travail qui s’ouvrent largement sur l’extérieur pour une meilleure ventilation, mais aussi pour permettre d’organiser une réunion informelle, prendre un café,  déjeuner ou prolonger de façon plus détendue une discussion de travail. Il s’agit de réaliser des espaces de travail qui soient un cadre de vie actuel favorisant les échanges et les nouveaux usages.

De villas superposées

Nous proposons une urbanité paysagère faite de séquences et de volumes fragmentés qui imbriquent vides et bâtis et mettent en relation la ville et des modes d’habiter qui visent à combiner campagne et urbanité.

Notre projet est une grande Maison faite de volumes divers et fragmentés. Il y a cette volonté de générer un volume cohérent, unitaire, tout en générant un principe d’habitat qui tende vers des maisons superposées. Ce sont des espaces qui rassemblent, pour une résidence qui respecte l’intimité et la « privacité» de chacun tout en proposant une vie collective, des espaces d’échanges et de rencontres.

Il s’agit non seulement de loger mais aussi de mettre en œuvre des connivences entre un chez soi et un environnement, de générer des valeurs affectives que les résidents entretiendront avec leur résidence, de créer une histoire singulière que chacun pourra s’approprier. Les surfaces de balcons et terrasses démultiplient les surfaces des logements, et sont plus que jamais articulation entre intérieur et extérieur, entre le logement et son environnement : celles-ci sont donc impérativement généreuses.

Le choix fondamental et structurant du projet est d’offrir à tous les logements des pièces principales prolongées de larges surfaces extérieures. Ainsi 100% des logements benificent de terrasses généreuses, profondes, augmentant de 30 à 50 % leur surface.

Ce qui est donné à voir est résolument une volonté d’équilibre entre intérieur et extérieur, en affirmant le rôle apaisant et productif du végétal.

La volumétrie est sculptée par des balcons qui se lisent comme une matière vivante dans laquelle des éléments bâtis sont retranchés en un jeu de pleins et de vides, les baies étant serties dans ce paysage végétal.

La terrasse du restaurant, panoramique à 360° du dernier étage permettra à tous d’accéder à ce paysage.

credits

architect: ecdm  |  status: Competition (2015)  |  visualizer: Studio  |  scale: 59.633 m2 large  |  types: commercial, housing, market, residential  |  views: 2.465