• Maison des Cultures et des Mémoires de Guyane

  • 0328-LAV-CAY.GF-2013
  • by Lacaton & Vassal

Le site de Jean Martial occupe la position très privilégiée au bord de la mer, dans un enchainement d’espaces publics partant du Cépérou jusqu’au littoral. Faisant face à la place des Palmistes, Jean Martial, est à la fois son double et son contraire : l’un ouvert, l’autre fermé, ils forment un ensemble exceptionnel.

Projet

Le projet densifie le sud-ouest du terrain, pour se donner de l’air aileurs et laisser le jardin libre.
Une structure régulière vient occuper et remplir l’espace délimité entre l’alignement du bâtiment B et le mur de clôture à l’ouest et au sud . Elle se cale à 4 m des bâtiments existants, et définit trois planchers principaux au-dessus du rez-de-chaussée : les deux premiers calés au niveau des planchers de A et B, le troisième forme une terrasse haute-belvédère. La hauteur maximale, face au bâtiment B, est inférieure à la hauteur du faitage et décroissante vers le Sud, sur l’avenue Léopold.

La structure est métallique, de grande portée, avec planchers collaborants en béton, construite à la manière des installations aérospatiales du CSG à Kourou. Elle propose des volumes de grande capacité et des plateaux libres peu contraints. Des passerelles les mettent en relation avec les étages existants, et enjambent l’intervalle vide de 4 m entre bâtiments, planté de lianes et d’épiphytes.
La structure est enveloppée d’un rideau végétal : plantes grimpantes, tombantes, éphiphytes ; elle devient le support d’un beau jardin vertical, qui, rapidement, transformera le bâtiment et lui donnera son image définitive.

Le projet crée un nouvel ensemble bâti, formé par les bâtiments anciens et neuf, reliés à tous les niveaux, qui permet de regrouper la plus grande partie du programme, et l’ensemble des expositions.

Jardin

Le projet de « jardin des forêts de Guyanne » est d’amener des formes et des composantes des forêts de Guyane sur le site pour en faire un jardin d’une forme très singulière, agencé sur des bases plus naturalistes que celles de composition traditionnelle de jardins.

Un jardin pour parler simplement des arbres, des plantes et des habitants des forêts de Guyane et qui aura pour vocation de montrer la forêt sous son visage sympathique de trésor naturaliste et culturel de la Guyane.

Les 8 espaces du jardin, constituant le projet sont issus de l’organisation des anciens bâtiments et de l’implantation du nouveau bâtiment. Chacun de ces espaces, accueillera un état, une forme ou une composante particulière de la forêt. S’y ajoute la forêt-mangrove à palétuviers qui recouvre de manière cyclique l’espace côtier de Cayenne.

Parmi les 8 espaces : le jardin de la mobilité des plantes de la forêt occupant les « criques forestières » générées par l’intervalle entre les bâtiments neufs et anciens, ou le jardin de lianes et de plantes grimpantes à fleurs des forêts guyanaises, constituant le jardin vertical qui enveloppe le nouveau bâtiment. Ou encore le jardin sous-bois de l’ombrière au centre du site, où une ombrière sera insérée sur l’existant.
Pour réaliser un tel jardin, utilisant une végétation typique, voire endémique de Guyane, une méthode spécifique de travail sera mise en place qui corresponde au sens naturaliste du jardin, à l’instar de Roberto Burle-Marx au Brésil voisin, il y a quelques années, ainsi qu’un principe économique de réalisation et d’entretien approprié à ce projet singulier.

Rehabilitation des batiments

Le parti de restauration des bâtiments historiques s’appuiera sur une démarche volontairement minimaliste de respect et de conservation du bâtiment dans son état actuel, tel que son histoire et ses usages nous l’ont transmis.

Cette restauration sera dirigée sans volonté de restitution d’un état ancien pour mieux respecter et valoriser l’Histoire réelle des bâtiments. La stratigraphie à composantes variées, constituée par les traces du temps, la succession des usagers et des époques, a construit une valeur et une identité patrimoniale forte et spécifique, que nous souhaitons absolument maintenir, sans gommer l’ancienneté et l’authenticité conférée par le temps. La conservation de toutes ces formes de variations constitue notre directive principale pour le projet de restauration de cet ensemble.

Tous les travaux nécessaires seront engagés pour remettre en état sérieusement et durablement les bâtiments et les rendre exploitables pour les usages du projet. Le programme de travaux pour les bâtiments principaux A et B consistera principalement à : nettoyer l’intérieur des éléments sans intérêt, en conservant l’organisation spatiale, reprendre les ouvrages structurels, planchers et sols, en mauvais état, restaurer avec discernement et précaution les enduits et badigeons extérieurs et intérieurs, en les conservant autant que possible, restaurer les fenêtres, portes et volets persiennes existants, et les compléter par des ouvrages identiques neufs, lorsqu’ils n’existent pas, reconstruire les ouvrages démolis, escaliers, gardes-corps de manière simple, sans interprétation.

Fonctionnement

Le projet regroupe la plus grande partie des programmes dans un ensemble homogène comprenant les bâtiments anciens A et B, et le bâtiment neuf. Les espaces d’expositions permanentes et temporaires fonctionnent à partir d’un accueil-billettterie commun situé dans le bâtiment E. Les temporaires sont au rez-de-chaussée du bâtiment neuf, dans un volume de grande hauteur, les permanentes, aux 1° et 2° étages, réparties dans les bâtiments anciens A et B, et dans le neuf. Il n’y a pas d’expositions permanentes au rez de chaussée de A et B, difficile à placer sous contrôle. Cette configuration offre de nombreuses configurations possibles, et propose au public un parcours d’exposition du rez-de-chaussée jusqu’à la terrasse haute- belvédère au 3° étage, en passant par tous les étages et d’un bâtiment à l’autre.

La Cour des enfants est placée au 1° étage du nouveau bâtiment, au coeur du musée. Cette localisation prend en compte la nécessité d’un espace protégé, mais aussi la volonté de faire un lieu exceptionnel pour cette activité. L’emplacement est très privilégié : protégé, mais au coeur du musée. en relation directe avec tous les espaces d’exposition et offre un point de vue inédit qu’aucun autre lieu à Cayenne ne propose.

Conception climatique

La conception bioclimatique de l’enveloppe des bâtiments au regard du climat local nous a conduit à réduire au strict minimum les installations techniques du projet. La grande majorité du projet fonctionne en ventilation naturelle et sans système de rafraichissement donc aucun entretien à prévoir et aucun passage de réseaux.
Le rafraichissement et la climatisation seront installés dans les locaux souhaités par le programme.

credits

architect: Lacaton & Vassal  |  team: Anne Lacaton, Jean Philippe Vassal  |  co-author: Aurélien Le Roux architecte  |  collaborator: Cloé Cazade, Alejandro Arocha, Gaetan Redelsperger  |  status: Competition (2013)  |  location: Cayenne, French Guiana ()  |  climate: Hot, Tropical  |  materials: glass, concrete  |  environments: Seaside, Urban  |  visualizer: Studio  |  budget: 23.500.000 €  |  scale: 7.284 m2 medium  |  ratio: 3.226,25 €/m2  |  types: cultural, cultural center, refurbishment  |  views: 2.226